Un cap pour ce chapitre
Ce que vous saurez faire
- Lire destination, prochain saut et métrique.
- Identifier une route selon le nombre de sauts.
- Distinguer routage et transfert d’un paquet.
Les bases utiles pour commencer
Une décision locale répétée
Un routeur relie des réseaux et transmet les paquets selon leur destination. Sa table associe à une destination, généralement un réseau, une interface de sortie ou un prochain routeur. Pour suivre un paquet, on consulte la table du routeur courant, on avance d’une étape puis on recommence avec la table suivante. Recopier la même table à chaque étape n’aurait aucun sens : les points de vue diffèrent.
Dans nos graphes pédagogiques, les sommets sont des routeurs et les arêtes leurs liaisons. Nous compterons une liaison traversée comme un saut. Dans une table réelle, la métrique se rapporte aux réseaux de destination ; il faut donc respecter la convention de l’énoncé avant de compter.
RIP privilégie les routes avec peu de sauts
RIP appartient aux protocoles à vecteur de distance. Les routeurs échangent avec leurs voisins des informations sur les destinations et les distances connues. L’idée d’une mise à jour est simple : atteindre une destination via un voisin demande de rejoindre ce voisin, puis de suivre la distance qu’il annonce.
Supposons A relié à B et C, B relié à D, C relié à E, et E relié à D. Vers D, la route A-B-D compte deux sauts, tandis que A-C-E-D en compte trois. Avec cette métrique et des informations stabilisées, A choisit B comme prochain saut. Une liaison rapide ne compte pas moins de sauts qu’une liaison lente.
Le voisinage est local : A apprend la distance annoncée par B puis ajoute le coût du saut A-B. Une annonce de deux sauts depuis B donne donc une route candidate de trois sauts depuis A. Cette addition explique ce que contient un vecteur de distance.
Construire et lire une table
Une ligne « destination D, prochain saut B, distance 2 » signifie que le paquet destiné à D sera d’abord envoyé à B. Elle ne signifie pas que B est la destination finale, ni qu’A est directement connecté à D. La table de B doit ensuite permettre de poursuivre vers D.
Pour construire une table sur un petit graphe, partez des voisins directement accessibles, puis cherchez les destinations atteintes en deux sauts, puis trois. Cette exploration par couches correspond à un parcours en largeur. Deux chemins peuvent avoir la même longueur minimale. Si l’énoncé ne fixe pas de règle de départage, il faut signaler les possibilités plutôt qu’inventer une préférence obligatoire.
Une table évolue quand le réseau change
Une panne peut rendre une route inutilisable. Les routeurs doivent obtenir puis propager l’information et recalculer leurs choix. Des tables observées avant la stabilisation peuvent temporairement être incohérentes. RIP limite sa distance utile à quinze sauts ; seize représente une destination inaccessible dans ce protocole. Cette limite est un repère de fonctionnement, pas un critère de débit.
Le routage construit ou actualise les décisions ; le transfert applique une décision à un paquet. Au niveau attendu en NSI, savoir suivre les routes à partir des tables et expliquer la métrique est essentiel. La configuration professionnelle d’un routeur et les détails complets de convergence ne sont pas nécessaires pour réussir ces exercices.
Exemple suivi : fabriquer toutes les lignes depuis A
Sur le réseau A-B, A-C, B-D, C-E et E-D, placez A dans la couche 0. B et C appartiennent à la couche 1. D est découvert depuis B et E depuis C : ils appartiennent à la couche 2. La table de A contient donc B via B à 1, C via C à 1, D via B à 2, E via C à 2. Pour A lui-même, le trajet ne traverse aucune liaison : zéro saut et aucune passerelle nécessaire.
Cette exploration explique les distances minimales : avant de traiter une couche de distance deux, tous les voisins à distance un ont été examinés. Une destination déjà rencontrée ne doit pas être remise indéfiniment dans la file, même si le réseau contient un cycle. Les tables obtenues décrivent ici l’état stabilisé du graphe. Le simulateur calcule directement ces distances ; il ne reproduit pas chaque échange de messages du protocole RIP.
| Destination | Prochain saut depuis A | Nombre de sauts |
|---|---|---|
| A | Sur place | 0 |
| B | B | 1 |
| C | C | 1 |
| D | B | 2 |
| E | C | 2 |
Exemple suivi : une table obsolète forme une boucle
Supposons que la destination D vient de devenir inaccessible. A conserve provisoirement la ligne « D via B » et B conserve « D via A ». Un paquet suit alors A → B → A → B : les deux décisions locales sont applicables mais leur composition ne rejoint pas D. Pour repérer cette anomalie à la main, notez les routeurs déjà traversés ; revoir un routeur avant d’atteindre la destination manifeste la boucle de transfert dans ces tables fixes.
Cela ne signifie pas que toute présence d’un cycle dans le dessin du réseau est un défaut. Un cycle physique offre souvent un chemin de secours ; une boucle dans les prochains sauts empêche l’acheminement. Après une coupure B-D dans le réseau du cours, A peut passer par C et E pour rejoindre D. La distance passe de deux à trois et le prochain saut change de B à C. Le routage reconstruit la décision ; les paquets suivants utilisent la table mise à jour.
À vous de faire varier les choses
Coupez une liaison et recalculez la route
Changez la destination ou coupez B-D. Les chemins sont recalculés par exploration en largeur, avec voisins dans l’ordre alphabétique.
Lire le résultat de l’expérience initiale
A → B → D
Un saut correspond ici à une liaison entre routeurs. Les débits ne sont pas utilisés.
| Destination | Prochain saut depuis A | Sauts |
|---|---|---|
| A | Sur place | 0 |
| B | B | 1 |
| C | C | 1 |
| D | B | 2 |
| E | C | 2 |
La destination est globale, mais le prochain saut est une décision locale fondée sur la métrique.
De la compréhension à l’autonomie
À vous de résoudre
Cherchez d’abord par vous-même. Vérifiez les résultats demandés, utilisez les indices si nécessaire, puis comparez votre méthode à la correction.
Compter les liaisons
Deux routes sont A-B-D et A-C-E-D. Combien de sauts comporte chacune dans notre convention ? Laquelle RIP préfère-t-il ?
Indice 1
Comptez les arêtes, pas les sommets.
Indice 2
Toutes les liaisons ont la même contribution à cette métrique.
Comprendre la correction
A-B-D comporte deux sauts et A-C-E-D en comporte trois. La première est donc préférée. Elle contient trois sommets mais seulement deux transitions : compter les sommets surestimerait la distance d’une unité.
Lire le prochain saut
La table de A contient « D via B, distance 2 » et celle de B « D via D, distance 1 ». Écrivez le trajet du paquet.
Indice 1
Commencez par la décision prise à A.
Indice 2
Consultez ensuite la table du nouveau routeur.
Comprendre la correction
A envoie le paquet à B, puis B l’envoie à D. Le trajet est A-B-D. La distance annoncée par A ne demande pas de répéter deux fois le prochain saut B ; elle résume le nombre de transitions restant vers D.
Distinguer les métriques
A-B-D utilise deux liaisons lentes ; A-C-E-D utilise trois liaisons rapides. Un élève choisit forcément la seconde avec RIP. Corrigez sa conclusion.
Indice 1
Quelle grandeur RIP minimise-t-il ?
Indice 2
Un débit élevé modifie-t-il le nombre de liaisons ?
Comprendre la correction
RIP retient le plus petit nombre de sauts, donc A-B-D dans ce modèle. L’autre route pourrait être intéressante selon un coût tenant compte des capacités, mais cela relève d’une autre métrique. Il faut appliquer le protocole demandé avant de juger une route intuitivement.
Gérer une panne
La liaison B-D disparaît dans le graphe décrit plus haut. Quelle route reste entre A et D ? Quelle ligne peut alors utiliser A après stabilisation ?
Indice 1
Écartez uniquement la liaison coupée.
Indice 2
Parcourez l’autre branche depuis A.
Comprendre la correction
La route A-C-E-D reste disponible, avec trois sauts. La nouvelle ligne peut indiquer « destination D, prochain saut C, distance 3 ». Cette réponse décrit les tables une fois l’information de panne prise en compte, pas nécessairement leur état instantané au moment de la coupure.
Problème : reconstruire une table
Un réseau non orienté possède les liaisons A-B, A-C, B-D, C-D et D-E. Depuis A, donnez les distances vers B, C, D et E. Énumérez les prochains sauts minimaux vers E. Puis retirez A-B et reconstruisez le trajet vers E.
Indice 1
D peut être atteint par deux branches de longueur égale.
Indice 2
Une coupure ne supprime pas les autres liaisons de B.
Comprendre la correction
Les distances sont 1, 1, 2 et 3. E est accessible en trois sauts via B-D ou C-D : B et C sont donc deux prochains sauts minimaux. Après suppression de A-B, A-C-D-E reste un trajet minimal à trois sauts. La panne retire une possibilité sans augmenter nécessairement la distance.
Problème : suivre des tables incohérentes
Pour D, la table de A indique B, celle de B indique C, celle de C indique A. Écrivez les quatre premiers routeurs traversés depuis A. Quel indice prouve l’anomalie ? Une liaison physique C-D suffirait-elle si la table de C restait identique ?
Indice 1
Le paquet suit la table du routeur courant.
Indice 2
Ne remplacez pas une décision écrite par un trajet que vous jugez préférable.
Comprendre la correction
Le trajet commence A-B-C-A et revient au départ. Les mêmes décisions recommencent : D ne sera pas atteint dans ce modèle. Une liaison C-D présente physiquement ne suffit pas si C continue à envoyer ce paquet vers A. L’acheminement utilise les entrées de table ; le protocole doit les mettre à jour pour bénéficier de la liaison.
Problème : exploiter des annonces
Pour atteindre Z, A reçoit une annonce de B avec distance 4 et de C avec distance 2. Les liaisons A-B et A-C comptent chacune un saut. Calculez les routes candidates et la ligne retenue. C annonce ensuite une distance 6 : que choisir après mise à jour, si B annonce toujours 4 ?
Indice 1
Ajoutez le saut vers le voisin à chaque annonce.
Indice 2
Comparez de nouveau les deux sommes après le changement.
Comprendre la correction
Les distances candidates valent 5 via B et 3 via C : A choisit C avec métrique 3. Après changement, la route via C vaut 7, tandis que celle via B reste à 5 ; A choisit B. Une annonce décrit la distance depuis le voisin, pas depuis A, ce qui explique l’ajout systématique d’un saut.
Les erreurs qui méritent un détour
- Envoyer directement à la destination parce qu’elle figure dans la table.
- La colonne prochain saut indique le voisin à contacter.
- Choisir la route au meilleur débit avec RIP.
- La métrique demandée est le nombre de sauts.
La fiche à garder
L’essentiel à retenir
- Chaque routeur applique sa propre table.
- Une route RIP minimise le nombre de sauts dans le modèle étudié.
- Une panne peut modifier le prochain saut après mise à jour des informations.
Cette notion au bac
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Le prochain pas
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Ce chapitre s’appuie sur le programme officiel de Terminale (PDF, nouvel onglet). Les explications et exercices sont proposés pour l’apprentissage.
