Terminale · Architectures, systèmes et réseaux

Le protocole OSPF et le coût des routes

Le chemin qui traverse le moins de routeurs n’utilise pas forcément les liaisons les plus adaptées. OSPF raisonne à partir de coûts attribués aux liaisons. Une route plus longue en nombre de sauts peut donc devenir préférable lorsque son coût total est plus faible.

SofienAvec SofienIngénieur et enseignant en informatique
Dans ce chapitre

Un cap pour ce chapitre

Ce que vous saurez faire

  • Additionner les coûts des liaisons d’une route.
  • Comparer métrique de saut et métrique de coût.
  • Expliquer un choix et les cas d’égalité.
Les bases utiles pour commencer

Pondérer le graphe du réseau

Dans un graphe pondéré, chaque liaison porte une valeur. Pour le routage étudié ici, cette valeur est un coût positif. Le coût d’une route s’obtient en additionnant les coûts de ses liaisons. On ne les multiplie pas et on ne retient pas seulement le plus grand. Le résultat permet de comparer des routes vers la même destination.

Considérons deux possibilités de A à E : A-C-E, dont les deux liaisons coûtent chacune 8, et A-B-D-E, dont les trois liaisons coûtent chacune 2. Le premier trajet coûte 16, le second 6. Le second est meilleur selon ce coût bien qu’il comporte davantage de sauts.

Un coût est attaché à une liaison parcourue ; une route à trois sommets ne comporte que deux termes dans sa somme. Si le graphe est orienté, la liaison de retour peut avoir un coût différent ou être absente. Nos liaisons sont ici utilisables dans les deux sens avec le même coût.

Le principe d’OSPF

OSPF est un protocole à état de liens. Les routeurs diffusent des informations sur les liaisons afin de disposer d’une représentation de la topologie dans leur zone. Chaque routeur peut alors calculer des chemins de coût minimal depuis sa propre position. La connaissance d’un même graphe ne signifie pas que tous auront le même prochain saut : leurs points de départ diffèrent.

Les exercices de NSI demandent principalement d’identifier une route à partir des coûts ou des tables fournis. L’algorithme de Dijkstra peut éclairer ce calcul, mais sa programmation détaillée n’est pas une exigence explicite de la rubrique consacrée aux protocoles. Sur un petit réseau, énumérer soigneusement les routes candidates suffit souvent.

Relier débit et coût sans les confondre

Un exercice peut définir le coût d’une liaison par une formule comme débit de référence divisé par débit de la liaison. Une liaison plus rapide reçoit alors un coût plus petit. Il faut utiliser les mêmes unités avant de diviser et respecter les règles d’arrondi éventuellement fournies. Cette formule appartient aux hypothèses de l’exercice ; ne la remplacez pas par une règle mémorisée incompatible.

Un coût minimal n’est pas une promesse de durée de transfert minimale dans toutes les situations. La congestion, la latence et les politiques de réseau peuvent intervenir. Le modèle simplifie ces phénomènes pour faire comprendre une décision calculable. Décrire ce que mesure la métrique est plus rigoureux que qualifier une route de « meilleure » sans préciser pourquoi.

Justifier le choix et traiter les égalités

Présentez les routes sous forme de suites de routeurs et écrivez leur somme. Par exemple, 8 + 8 = 16 contre 2 + 2 + 2 = 6. Cette rédaction donne au lecteur les moyens de vérifier les liens parcourus et le calcul. Le prochain saut depuis A est ensuite B, car B est le premier voisin de la route retenue.

Si deux routes ont le même coût minimal, le modèle seul ne permet pas toujours de les départager. Il peut exister plusieurs chemins de coût égal. Il faut suivre une convention explicitement donnée ou mentionner l’égalité. Lorsqu’une liaison disparaît, on retire cette possibilité et on compare de nouveau les routes restantes ; on ne conserve pas une table devenue invalide.

Exemple suivi : calculer avec des unités

Fixons, uniquement pour cet exemple, un débit de référence de 1 Gbit/s et un coût égal au quotient exact référence / débit. Une liaison à 250 Mbit/s coûte 1 000 / 250 = 4 ; une liaison à 500 Mbit/s coûte 2. Il faut d’abord convertir la référence en Mbit/s. Une route composée de trois liaisons à 500 Mbit/s coûte 6. Deux liaisons à 250 Mbit/s coûtent 8 : la route à trois sauts est préférée selon ce modèle.

On n’additionne pas les débits pour mesurer la capacité de bout en bout. Une donnée doit emprunter successivement chaque liaison ; le coût de routage est une métrique construite pour choisir un chemin. Une règle d’arrondi ou un coût minimal modifierait éventuellement les valeurs. Recopiez la formule et les conventions du sujet avant de calculer, puis gardez les unités dans les étapes intermédiaires : cette discipline évite une erreur d’un facteur mille.

Exemple suivi : trouver le seuil de bascule

Appelons s le coût de chaque liaison de la route A-C-E et l celui de chaque liaison de A-B-D-E. Les deux sommes sont 2s et 3l. La route longue gagne lorsque 3l < 2s ; l’égalité correspond à 3l = 2s. Avec l=2, la bascule est s=3 : s=2 favorise la route courte, s=3 donne une égalité et s=4 favorise la route longue. Un tableau de ces trois cas constitue un test des frontières de la décision.

Ce calcul permet de prévoir le résultat avant de déplacer les curseurs. Il explique aussi pourquoi augmenter simultanément tous les coûts d’un même facteur positif conserve le choix : les deux sommes sont multipliées par ce facteur. Ajouter un même nombre à chaque liaison ne possède pas cette propriété, car les deux trajets n’ont pas le même nombre de liaisons. Comparez donc une modification des unités à une modification réelle des coûts.

Coût s, avec l=2Route à deux sautsRoute à trois sautsDécision
246Deux sauts
366Égalité
486Trois sauts

À vous de faire varier les choses

Faites basculer le chemin préféré

Modifiez les coûts des deux routes entre A et E. Observez quand le trajet à trois sauts devient préférable.

Lire le résultat de l’expérience initiale

OSPF : A-B-D-E. RIP : A-C-E.

OSPF compare les sommes de coûts ; RIP compte les liaisons.

RouteSautsCalculCoût
A-C-E28+816
A-B-D-E32+2+26

Une route courte et une route de faible coût sont deux propriétés différentes.

De la compréhension à l’autonomie

À vous de résoudre

Cherchez d’abord par vous-même. Vérifiez les résultats demandés, utilisez les indices si nécessaire, puis comparez votre méthode à la correction.

Exercice 1 · Appliquer#

Additionner la bonne grandeur

La route A-B-D coûte 3 puis 4. La route A-C-D coûte 2 puis 8. Quelle route a le coût minimal ?

Indice 1

Additionnez séparément chaque trajet.

Indice 2

Comparez 3+4 et 2+8.

Comprendre la correction

A-B-D coûte 7 et A-C-D coûte 10. Le prochain saut depuis A est donc B. Le coût très faible de A-C ne suffit pas : il faut prendre en compte l’ensemble de la route jusqu’à la destination.

Exercice 2 · Appliquer#

Convertir avant de calculer

Un exercice fixe coût = débit de référence / débit de liaison, avec une référence de 100 Mbit/s. Calculez les coûts pour 25 Mbit/s et 50 Mbit/s.

Indice 1

Les unités sont déjà identiques.

Indice 2

La liaison la plus rapide doit recevoir le plus petit coût.

Comprendre la correction

Les coûts valent 100/25 = 4 et 100/50 = 2. Le second est deux fois plus petit. Additionner ces deux liaisons dans un trajet donnerait un coût total de 6 ; cela ne signifie pas un débit total de 75 Mbit/s.

Exercice 3 · Comparer#

RIP et OSPF ne répondent pas à la même question

A-C-E compte deux liaisons de coût 8 ; A-B-D-E en compte trois de coût 2. Donnez le choix de RIP et celui d’OSPF dans ce modèle.

Indice 1

RIP ignore ici les valeurs 8 et 2.

Indice 2

OSPF compare 16 et 6.

Comprendre la correction

RIP préfère A-C-E : deux sauts contre trois. OSPF préfère A-B-D-E : coût 6 contre 16. Les décisions ne sont pas contradictoires ; elles minimisent des métriques différentes sur le même réseau.

Exercice 4 · Justifier#

Reconnaître une égalité

Deux trajets coûtent respectivement 3+3 et 2+2+2. Peut-on désigner un unique gagnant sans autre règle ?

Indice 1

Calculez les deux sommes.

Indice 2

Le nombre de sauts n’est pas un départage automatique imposé par cet énoncé.

Comprendre la correction

Les deux coûts valent 6. Sans convention supplémentaire, les deux trajets sont minimaux. On peut donner les deux prochains sauts possibles et signaler que le modèle ne spécifie pas le choix entre eux. Inventer une préférence masquerait l’information manquante.

Exercice 5 · Problème de synthèse#

Problème : comparer après conversion

La référence est 1 Gbit/s. A-B-E comporte deux liaisons à 200 Mbit/s ; A-C-D-E en comporte trois à 500 Mbit/s. Utilisez le quotient exact comme coût. Calculez les deux sommes, les choix de RIP et OSPF, puis expliquez pourquoi le débit ne s’additionne pas.

Indice 1

Convertissez 1 Gbit/s en 1 000 Mbit/s.

Indice 2

Les coûts valent 5 et 2 par liaison.

Comprendre la correction

A-B-E coûte 5+5=10, tandis que A-C-D-E coûte 2+2+2=6. RIP préfère les deux sauts via B ; OSPF préfère le coût six via C. Les débits décrivent chaque liaison, pas une quantité qui s’ajoute le long du trajet. La somme porte sur les coûts définis par l’énoncé.

Exercice 6 · Problème de synthèse#

Problème : résoudre une frontière

Chaque liaison de A-C-E coûte s, celles de A-B-D-E coûtent 4. s est entier entre 1 et 12. Trouvez toutes les valeurs donnant la victoire stricte à la route longue et la valeur donnant une égalité. Vérifiez une valeur de part et d’autre.

Indice 1

Comparez 2s à 12.

Indice 2

Une victoire stricte exclut le cas égal.

Comprendre la correction

La route longue gagne lorsque 12 < 2s, donc pour s dans 7, 8, 9, 10, 11, 12. À s=6 les coûts sont égaux. À s=5 la route courte coûte 10 et gagne ; à s=7 elle coûte 14 et perd. Le mot « strictement » détermine si la frontière appartient ou non à l’ensemble.

Exercice 7 · Problème de synthèse#

Problème : une hausse uniforme

Deux routes ont des coûts 3+3 et 1+1+1. Quelle route est initialement choisie ? On ajoute 4 au coût de chaque liaison : recalculez. Puis repartez des coûts initiaux et multipliez chacun par 4. Comparez les effets et justifiez.

Indice 1

La hausse additive est payée une fois par liaison.

Indice 2

Une multiplication commune multiplie chaque somme de la même façon.

Comprendre la correction

Initialement la route à trois liaisons coûte 3 contre 6 et gagne. Après ajout de 4, les coûts valent 14 et 15 : la route à deux liaisons gagne. Après multiplication des coûts initiaux par 4, les sommes valent 24 et 12 ; le choix initial est conservé. Le nombre de liaisons explique la différence entre les deux transformations.

Les erreurs qui méritent un détour

Additionner les débits pour obtenir le coût.
Appliquez la définition des coûts puis additionnez ces coûts.
Départager arbitrairement des coûts égaux.
Signalez l’égalité ou utilisez la convention fournie.

La fiche à garder

L’essentiel à retenir

  • OSPF exploite des coûts de liaisons.
  • Le coût d’une route est la somme des coûts parcourus.
  • Une route minimale dépend de la métrique choisie.

Cette notion au bac

Retrouvez ces idées dans un sujet complet, avec des indices, une correction expliquée et des ateliers.

Le prochain pas

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Ce chapitre s’appuie sur le programme officiel de Terminale (PDF, nouvel onglet). Les explications et exercices sont proposés pour l’apprentissage.